Pourquoi le DPE évolue-t-il en 2027 ?
Le diagnostic de performance énergétique permet d’évaluer la consommation conventionnelle d’énergie d’un logement et ses émissions de gaz à effet de serre. Il joue aujourd’hui un rôle central dans un projet immobilier : il doit notamment être présenté lors d’une vente ou d’une mise en location et peut influencer la perception du bien, son attractivité et parfois sa valeur.
La directive européenne 2024/1275 du 24 avril 2024 prévoit une information plus complète sur la performance énergétique des bâtiments. L’arrêté français du 11 juin 2026 transpose une partie de ces exigences dans le modèle national du DPE, avec une entrée en vigueur fixée au 1er janvier 2027.
Les nouvelles informations présentes dans le DPE
1. Une meilleure prise en compte des énergies renouvelables
Le nouveau DPE indiquera plus précisément l’énergie renouvelable produite sur place :
- La quantité totale produite, exprimée en kWh ;
- La production détaillée par source d’énergie renouvelable ;
- La part de cette production rapportée à la consommation totale d’énergie finale du logement ;
- Le principal vecteur ou la principale source d’énergie, en énergie primaire et en énergie finale.
Le diagnostic identifiera également les équipements installés à demeure qui utilisent ou produisent des énergies renouvelables (panneaux photovoltaïques, pompes à chaleur, géothermie, etc.).
2. Une estimation de la durée de vie restante du chauffage
Le DPE devra comporter une évaluation de la durée de vie restante du système de chauffage et, lorsqu’il existe, du système de climatisation. Cette donnée pourra aider l’acquéreur à mieux anticiper un éventuel remplacement et le budget futur associé.
3. Le fonctionnement du chauffage à basse température
Le diagnostic précisera si le système d’émission et de distribution de chaleur peut fonctionner à basse température. Cette information permet d’apprécier la compatibilité des radiateurs ou du plancher chauffant avec des systèmes performants comme une pompe à chaleur.
4. La capacité du logement à adapter sa consommation
Le DPE intégrera la capacité du logement à réagir à des signaux extérieurs pour contribuer à la flexibilité du réseau électrique, en identifiant la possibilité de décaler ou de piloter certains usages énergétiques.
La mention « A0 » fait son apparition
À partir de 2027, certains DPE pourront afficher une mention complémentaire A0, correspondant à un bâtiment considéré comme « à émissions nulles ». Pour obtenir cette mention, le logement doit être classé A ou B et ne disposer d’aucune installation de chauffage ou de production d’eau chaude utilisant une énergie fossile.
Il est important de noter que A0 n’est pas une huitième classe énergétique : l’échelle officielle reste composée de sept classes, de A à G.
Ce qui ne change pas avec cet arrêté
Contrairement à ce que l’expression « nouveau DPE » pourrait laisser penser, l’arrêté ne refond pas l’ensemble du dispositif :
- Les classes énergétiques A à G restent inchangées ;
- Les seuils de consommation et d’émissions ne sont pas modifiés ;
- Le texte ne prévoit pas l’annulation automatique des DPE encore valides.
L’entrée en vigueur de cet arrêté ne provoquera pas à elle seule un reclassement général du parc immobilier.
Faut-il refaire son DPE avant de vendre ou de louer ?
L’entrée en vigueur de cet arrêté ne signifie pas que tous les propriétaires devront automatiquement refaire leur DPE. Avant une transaction, il reste indispensable de vérifier la durée de validité du diagnostic et sa conformité. Après une rénovation importante ou un changement de système de chauffage, établir un nouveau DPE peut néanmoins permettre de mieux valoriser le bien.