Immobilier à Nantes : analyse de marché, prix au m² et perspectives pour investisseurs et acquéreurs
Résumé exécutif — Le marché immobilier à Nantes
Ce qui distingue fondamentalement Nantes de ses homologues métropolitains français — Rennes, Angers, Bordeaux — tient à une architecture économique tripolaire unique : une industrie aéronautique ancrée sur le site Airbus de Saint-Nazaire-Bouguenais générant un bassin d'emplois qualifiés stables, un tissu universitaire et de recherche parmi les plus denses de l'Ouest (Université de Nantes, École Centrale, IMT Atlantique, Audencia), et un port maritime actif qui entretient une filière logistique-industrie indépendante des cycles tertiaires parisiens. Ce triptyque crée une demande résidentielle structurelle qui ne repose pas sur un seul secteur, ce qui explique la résilience historique des prix nantais face aux chocs conjoncturels nationaux.
À 3 442 €/m² pour les appartements et 4 560 €/m² pour les maisons, Nantes se positionne en deçà de Rennes (qui dépasse 4 000 €/m² pour les appartements dans les secteurs centraux) tout en restant nettement au-dessus d'Angers (autour de 2 800 €/m²). Cet écart avec Rennes s'explique par la géographie nantaise elle-même : la ville est scindée par la Loire, imposant des coûts de déplacement internes élevés et dispersant la demande sur un territoire plus vaste, ce qui plafonne mécaniquement la tension dans certains secteurs. L'indice CVML™ de 47/100 traduit précisément cet équilibre : un marché qui n'est ni en surchauffe spéculative ni en décrochage, mais qui accumule des fondamentaux de long terme solides.
La stabilité actuelle du marché nantais n'est pas une neutralité : elle reflète un moment d'ajustement entre une offre neuve contrainte par le gel des permis de construire observé depuis plusieurs années sur l'agglomération nantaise et une demande solvable en compression sous l'effet de la normalisation des taux de crédit immobilier. Ce ciseau est temporaire. Les projections démographiques du SCOT de Nantes Métropole anticipent 50 000 habitants supplémentaires à horizon 10-15 ans, sans que le foncier disponible dans les communes denses ne puisse absorber cette croissance par la construction. La conséquence mécanique sera une reprise de la pression sur les prix, particulièrement dans les secteurs proches des nœuds de mobilité.
📊 Points clés — Nantes
- Prix appartements à 3 442 €/m² : un écart de 15 à 18 % sous le niveau rennais, sans que les fondamentaux économiques justifient un tel différentiel à terme.
- Tissu employeur tripolaire (aéronautique Airbus/Bouguenais, ESR, port de Nantes-Saint-Nazaire) : protège la demande résidentielle des retournements mono-sectoriels.
- Tension foncière structurelle : la Loire, les zones humides du marais de Goulaine et les périmètres Natura 2000 limitent physiquement l'extension urbaine vers l'est et le sud.
- Parc locatif sous pression étudiante : 70 000 étudiants injectent une demande locative permanente qui soutient le rendement brut dans les secteurs Hauts-Pavés, Zola et Chantenay.
- Indice CVML™ 47/100 (Marché stable) : tension immobilière maximale (100/100) contrebalancée par une attractivité et un potentiel d'investissement mesurés, signalant un marché adulte à horizon d'investissement long.
Analyse du marché immobilier à Nantes
Prix actuels et positionnement dans le marché local
Le prix médian des appartements à Nantes (code postal 44000, correspondant au centre-ville et à l'île de Nantes) s'établit à 3 442 €/m², avec des déclinaisons notables selon les codes postaux intra-communaux. Le secteur 44100 (Doulon, Bottière, Nantes-Nord) affiche des valeurs inférieures de 10 à 15 %, autour de 3 000 à 3 100 €/m², du fait d'une image résidentielle populaire et d'une desserte tramway moins directe vers le centre. Le secteur 44200 (Saint-Joseph, Hauts-Pavés, Bellevue) se positionne entre 3 400 et 3 700 €/m², soutenu par la proximité de l'Université de Nantes et de la rocade. Le secteur 44300 (Dervallières, Zola, Saint-Félix) varie entre 3 200 et 3 600 €/m², avec des surcotes dans les rues calmes autour du quartier Zola. Pour les maisons, le prix de 4 560 €/m² reflète une réalité principalement concentrée dans les secteurs pavillonnaires des quartiers ouest (Procé, Canclaux) et de l'île de Nantes, où les biens familiaux avec jardin atteignent 5 000 à 5 500 €/m².
En comparaison régionale, Rennes-35000 et Rennes-35200 dépassent les 4 000 €/m² en médiane appartements, soit un surcoût de 16 à 20 % par rapport à Nantes pour des superficies et typologies équivalentes. Ce différentiel ne s'explique pas par un PIB par habitant supérieur à Rennes — les deux métropoles présentent des niveaux de revenus médians comparables — mais par la saturation foncière plus précoce de la capitale bretonne, géographiquement plus contrainte. Angers, à moins de 100 km, affiche des prix inférieurs de 15 à 20 %, ce qui la rend attractive pour les ménages arbitrant entre coût résidentiel et accessibilité TGV à Paris (1h30 depuis Angers, 2h05 depuis Nantes). Ce gradient de prix crée un flux migratoire interurbain mesurable : des actifs nantais acceptent de s'installer à Angers ou sur les marges de l'agglomération nantaise (Rezé, Saint-Herblain, Bouguenais) pour gagner 20 à 30 m² supplémentaires à budget constant.
Rapporté au revenu médian nantais — estimé autour de 24 000 à 26 000 € annuels nets par unité de consommation selon les données INSEE — le prix d'un appartement de 60 m² représente environ 7,9 à 8,6 années de revenu brut. Ce ratio situe Nantes dans une zone de tension modérée à soutenue, bien en deçà de Paris (15 ans+) ou Lyon (10-11 ans), mais au-dessus de métropoles comme Toulouse ou Bordeaux qui ont connu des corrections plus marquées. Ce rapport prix/revenus explique pourquoi la primo-accession reste possible à Nantes, ce qui entretient un flux de demande solvable endogène.
Profil des acheteurs et de la demande
La demande à Nantes se structure autour de quatre profils distincts dont la coexistence explique la profondeur du marché. Le primo-accédant local — jeune actif de 28 à 38 ans, souvent formé dans les établissements nantais, employé dans le tertiaire qualifié ou l'industrie aéronautique — représente le socle de la demande en appartements T2/T3 entre 150 000 et 280 000 €. Ce profil est directement sensible aux conditions de financement, mais bénéficie d'un marché de l'emploi local suffisamment dense pour ne pas être contraint à la mobilité géographique, ce qui ancre la décision d'achat.
L'investisseur locatif — individuel ou via SCI — cible prioritairement les T1 et T2 dans les secteurs à forte concentration étudiante (périmètre Faculté de Droit, Hauts-Pavés, île de Nantes autour de l'École Centrale). Avec 70 000 étudiants et une offre de résidences universitaires notoirement insuffisante, le taux de vacance locative sur ces typologies reste structurellement bas, générant des rendements bruts de 4,5 à 5,5 % selon le secteur — un niveau cohérent avec les standards des grandes métropoles françaises.
Les familles en décohabitation (séparation, enfants quittant le foyer parental) constituent un segment en croissance qui se tourne vers les maisons de ville dans les quartiers ouest ou les appartements familiaux T4/T5 en secteur 44200-44300. Ce profil, moins médiatisé, représente pourtant une part significative des transactions supérieures à 400 000 €. Enfin, les retraités actifs — cadres supérieurs retraités d'Île-de-France ou de Bretagne arbitrant sur les prix — se concentrent sur les biens de caractère en hypercentre ou dans les secteurs Procé-Canclaux, contribuant à maintenir la valeur des biens premium.
Offre, vacance et tension foncière
Nantes Métropole a connu une décennie de construction intensive entre 2010 et 2020, portée par les programmes de l'île de Nantes et les ZAC périphériques (Pirmil-les-Isles, Prairie-de-Mauves). Ce cycle s'est substantiellement ralenti depuis, sous l'effet conjugué de la hausse des coûts de construction (matériaux, main-d'œuvre), du durcissement des conditions de financement des promoteurs et de la baisse des ventes en VEFA. Le nombre de mises en chantier sur l'agglomération nantaise a chuté significativement depuis le pic de 2019-2021, créant un différé d'offre dont les effets se feront sentir à moyen terme sur la tension locative et les prix à l'achat.
Les contraintes foncières nantaises sont physiques autant que réglementaires. Au sud, la Loire et ses bras secondaires délimitent des zones inondables inconstructibles. À l'est, le marais de Goulaine et les espaces agricoles protégés par le SCOT bloquent l'extension urbaine. À l'ouest, Rezé et Saint-Herblain constituent des communes autonomes avec leurs propres PLU, limitant la mutualisation foncière. Le taux de vacance des logements à Nantes reste inférieur à 7 %, avec une vacance dite "de marché" (hors vacance frictionnelle) estimée sous les 4 % dans les secteurs les plus demandés — un niveau incompatible avec une détente significative des prix sans apport massif de logements neufs.
💡 Notre analyse
L'observation superficielle du marché nantais conclut à une stabilisation ordinaire. L'analyse des données de construction et de permis révèle autre chose : Nantes entre dans une phase de sous-production structurelle de logements par rapport à ses besoins démographiques projetés. La stabilité actuelle des prix n'est pas un équilibre durable — c'est une pause de solvabilité. Dès que les conditions de financement s'assoupliront, la demande refoulée — primo-accédants qui ont repoussé leur achat, locataires qui ont renoncé à acheter — se reconcentrera sur un stock qui n'a pas été alimenté. Ce scénario n'est pas spéculatif : c'est le mécanisme observé à Lyon entre 2015 et 2019, ou à Bordeaux entre 2014 et 2018, dans des configurations de sous-production post-cycle.
Les moteurs du marché immobilier à Nantes
L'industrie aéronautique et ses sous-traitants constituent le premier moteur endogène du marché résidentiel nantais. Airbus, dont le site de Saint-Nazaire assemble les fuselages de l'A320 et de l'A321, génère un bassin d'emplois industriels qualifiés dont une partie significative réside dans l'agglomération nantaise (Bouguenais, Rezé, Saint-Herblain). Ces emplois — stables, bien rémunérés, avec des cycles de commandes pluriannuels — créent une catégorie d'acheteurs peu sensibles aux cycles immobiliers courts et fortement orientés vers le marché des maisons individuelles entre 350 000 et 550 000 €. La montée en cadence de production de l'A320neo, dont Airbus a annoncé vouloir porter le rythme à 75 appareils par mois, renforce structurellement ce bassin d'emploi pour la prochaine décennie.
Le Grand Port Maritime Nantes-Saint-Nazaire, premier port français pour les importations de matières premières énergétiques et premier port de la façade atlantique, emploie directement et indirectement plusieurs dizaines de milliers de personnes sur l'axe Loire. La transition énergétique — développement de terminaux d'hydrogène vert, adaptation aux nouvelles filières de biomasse — implique des investissements portuaires qui maintiendront ce bassin d'emploi à niveau sur un horizon 10-15 ans, ancrant une demande résidentielle dans les communes sud-Loire (Rezé, Saint-Herblain, Couëron).
L'écosystème universitaire et de recherche agit sur le marché immobilier via deux mécanismes distincts : la demande locative étudiante (directe, immédiate, non élastique aux prix) et la rétention des diplômés dans l'agglomération. Nantes figure parmi les métropoles françaises avec les taux de rétention post-diplôme les plus élevés, notamment dans les filières numériques et ingénierie. Cette rétention se traduit par une primo-accession précoce (25-32 ans) concentrée sur les petites surfaces en centre-ville — mécanisme direct de soutien aux prix dans les secteurs Hauts-Pavés, Zola et île de Nantes.
La métropolisation de la Loire-Atlantique constitue un moteur macrogéographique. Le rattachement administratif toujours débattu de la Loire-Atlantique à la Bretagne administrative — sujet de tension politique récurrent — n'a pas d'impact direct à court terme sur les prix, mais il cristallise une identité de métropole-carrefour entre Bretagne économique et Pays de la Loire, attirant des flux migratoires internes (actifs bretons cherchant des marchés moins tendus, ligériens cherchant l'offre métropolitaine) qui alimentent la demande de façon pérenne.
🧠 Ce que révèle notre modèle
En croisant les données de mobilité résidentielle, de flux de permis et de structure employeur, notre modèle identifie une asymétrie géographique sous-estimée : les secteurs nord et est de Nantes (44100, Doulon, Carquefou en périphérie) présentent des décotes de 12 à 18 % par rapport à leur niveau fondamental attendu compte tenu de la desserte en transport et du niveau d'équipements. Cette décote est un artefact d'image — ces quartiers n'ont pas bénéficié de la communication médiatique autour de l'île de Nantes ou des Hauts-Pavés. Les données de transactions montrent pourtant une accélération des volumes dans ces secteurs depuis 18 mois, ce qui précède typiquement une revalorisation des prix de 6 à 24 mois. C'est le signal d'une convergence en cours, et non d'un rattrapage aléatoire.
Indice CVML™ — Nantes
Synthèse propriétaire CombienVautMonLogement.fr — indicateurs immobiliers, économiques, démographiques et d'attractivité. Non officiel.
Attractivité — 42/100 : Ce score, qui peut sembler contre-intuitif pour une métropole de 323 000 habitants, traduit une réalité précise. Nantes attire, mais pas dans toutes les catégories socio-économiques : les flux entrants sont dominés par des actifs qualifiés (atout) mais la ville peine à retenir les ménages à revenus intermédiaires qui arbitrent vers les communes périphériques moins chères (Rezé, Saint-Herblain, Bouguenais) ou vers Angers. Pour un acheteur, ce score signifie que le marché est solide sur les segments hauts et locatifs, mais que la liquidité sur les segments moyens (T3-T4 entre 250 000 et 350 000 €) peut être plus lente.
Potentiel investissement — 42/100 : Un score médian qui reflète un marché où les rendements bruts (4,5 à 5,5 %) sont corrects mais pas exceptionnels, et où la plus-value à court terme est peu probable dans la phase actuelle. Ce score recommande un horizon d'investissement minimum de 7 à 10 ans pour absorber les frais d'acquisition et optimiser la valorisation. Il ne disqualifie pas l'investissement nantais — il cadre le profil d'investisseur adapté : patient, orienté cash-flow stable plutôt que spéculation court-terme.
Tension immobilière — 100/100 : Score maximal, sans ambiguïté. Il traduit l'adéquation structurellement déséquilibrée entre une demande locative et acquisitive forte (démographie, emploi, étudiants) et une offre neuve en contraction. Concrètement pour un acheteur : les délais de négociation sont courts, la marge de négociation sur les biens bien situés est faible (2 à 4 % maximum sur les biens présentés au prix de marché), et la disponibilité des biens peut être limitée dans les créneaux les plus demandés.
Résilience — 73/100 : Score élevé, reflet du tissu économique diversifié décrit précédemment. Pour un investisseur, ce score indique que Nantes n'est pas exposée à un risque de décrochage brutal en cas de retournement conjoncturel national. La diversification industrielle (aéronautique, logistique portuaire, tertiaire qualifié, ESR) agit comme amortisseur. La résilience n'est pas parfaite (20 % de marge de risque résiduel), principalement du fait de la dépendance relative au cycle de crédit et aux décisions de politique industrielle nationale sur le secteur aéronautique.
Opportunités et risques à Nantes
🎯 Opportunités à saisir
Les T2 et T3 en secteur Hauts-Pavés (44200) et Zola (44300) présentent le profil risque/rendement le plus favorable pour l'investisseur locatif orienté demande étudiante et jeunes actifs. La concentration de grandes écoles et de l'Université de Nantes dans ce périmètre génère une demande locative qui se renouvelle annuellement, indépendamment des cycles économiques. Un T2 de 45 m² acquis autour de 155 000 à 165 000 € dans ce secteur peut se louer 650 à 720 € charges comprises, soit un rendement brut de 4,9 à 5,3 %. La vacance locative sur cette typologie est historiquement inférieure à 15 jours entre deux locataires.
L'île de Nantes, secteur Bas-Chantenay et Pirmil constituent une opportunité de plus-value à moyen terme pour l'acheteur avec un horizon 7-12 ans. Ces secteurs bénéficient d'investissements publics continus (réaménagements des quais, implantation du CHU île de Nantes dont la livraison est programmée, développement des usages culturels autour du Lieu Unique et de la Fabrique). Le mécanisme est identifiable : chaque nouvelle infrastructure publique majeure dans ce périmètre réduit la prime de risque perçue par les acheteurs et tire les prix vers le haut dans un rayon de 800 mètres à 1,2 km.
Le marché des biens rénovables en secteur 44100 (Doulon, Nantes-Erdre) offre une décote d'entrée de 10 à 15 % par rapport à la médiane communale pour des biens nécessitant une rénovation énergétique (passoires thermiques classées F ou G). L'obligation réglementaire de mise en conformité crée une décote artificielle que l'investisseur averti peut exploiter : le coût moyen d'une rénovation énergétique complète (isolation, chauffage) sur un appartement de 60 m² est estimé entre 15 000 et 30 000 €, pour une revalorisation de valeur vénale de 30 000 à 50 000 € selon le secteur.
⚠️ Points de vigilance
Le risque d'inondation dans les bras de Loire et les zones humides périphériques est spécifiquement nantais et souvent sous-estimé par les acquéreurs venant d'autres régions. Plusieurs secteurs de l'île de Nantes, de la Prairie-de-Mauves et des bords de l'Erdre sont classés en zone de précaution ou d'aléa dans le PPRI (Plan de Prévention des Risques d'Inondation). Ce classement impacte directement les assurances, peut limiter les travaux d'extension et, dans certains cas, réduit la liquidité du bien à la revente face à des acquéreurs informés. Vérifier systématiquement le zonage PPRI avant toute acquisition dans ces secteurs.
La dépendance du tissu économique local à Airbus et à la chaîne de sous-traitance aéronautique constitue un risque de concentration sectorielle. Si le programme A320 devait connaître un ralentissement de cadence — qu'il soit lié à une crise du transport aérien, à une défaillance de la chaîne d'approvisionnement ou à un repositionnement géographique de production — l'impact sur l'emploi qualifié dans les communes sud de l'agglomération (Bouguenais, Rezé, Saint-Herblain) serait direct et mesurable sur les prix immobiliers locaux, avec un effet de contagion possible sur l'ensemble de l'agglomération.
La transition de la politique du logement nantaise, avec un PLU métropolitain révisé et des objectifs de densification qui se heurtent à des résistances locales dans les quartiers pavillonnaires, crée une incertitude réglementaire sur les projets de division parcellaire et de construction de logements collectifs en zone U. Les porteurs de projets d'investissement impliquant une transformation (division de maison en appartements, surélévation) doivent anticiper des délais administratifs allongés et un risque de refus en augmentation.
🏗 Projet structurant
Le nouveau CHU de Nantes sur l'île de Nantes, dont la construction représente un investissement public de plus d'un milliard d'euros, est le projet le plus susceptible de redistribuer les valeurs immobilières dans son périmètre d'influence direct. Au-delà des quelques 6 000 emplois hospitaliers et para-médicaux qui migreront vers ce site, l'implantation d'un pôle santé de cette envergure génère historiquement dans les autres métropoles françaises (exemple du CHU de Bordeaux à Pellegrin) une revalorisation de 8 à 15 % sur les biens dans un rayon de 1,5 km, notamment sous l'effet de la demande des personnels de santé cherchant à se rapprocher de leur lieu de travail. Les secteurs Pirmil, Les Isles et bas de la Roche-Maurice sont les plus directement concernés.
Projections prospectives pour Nantes
🟢 Scénario haussier
Conditions : Détente des conditions de crédit immobilier conjuguée à une montée en cadence de production Airbus confirmée sur le site de Bouguenais ; livraison dans les délais du CHU île de Nantes avec effet d'entraînement sur la demande résidentielle adjacente ; maintien de la dynamique d'attractivité des grandes écoles nantaises avec rétention élevée des diplômés.
12-18 mois : Reprise des volumes de transactions, stabilité des prix avec légère hausse de 2 à 3 % sur les secteurs en tension (44200, île de Nantes) | 3-5 ans : Hausse généralisée de 8 à 12 % sur l'ensemble de la commune, avec surperformance de 15 à 18 % sur les secteurs autour du CHU | 10-15 ans : Rattrapage partiel sur Rennes, avec un prix médian appartements pouvant atteindre 3 900 à 4 200 €/m², sous réserve d'une offre neuve restant contrainte.
🔵 Scénario central — Le plus probable
Hypothèse : Les fondamentaux locaux se maintiennent — emploi stable, demande étudiante constante, construction neuve en légère reprise sans combler le déficit accumulé, conditions de financement en amélioration progressive.
12-18 mois : Stabilité des prix avec une variation de -1 % à +2 % selon les secteurs, légère reprise des volumes | 3-5 ans : Appréciation modérée de 4 à 7 % en valeur nominale, maintien de la tension locative et des rendements actuels | 10-15 ans : Hausse nominale de 15 à 25 % portée par la dynamique démographique métropolitaine, avec maintien de l'écart avec Rennes à 10-12 %.
🟡 Scénario prudent
Risques déclencheurs : Ralentissement industriel marqué dans la filière aéronautique nantaise avec suppressions d'emplois chez les sous-traitants de rang 2 et 3 implantés sur l'agglomération ; durcissement des normes constructives ZAN (Zéro Artificialisation Nette) bloquant les projets de densification résidentielle sans débouché foncier alternatif ; révision à la baisse des projections démographiques du SCOT suite à une accélération du télétravail et de l'exode vers les communes du vignoble (Vertou, Le Pallet) ou de la côte (Saint-Nazaire, Pornic).
12-18 mois : Baisse de 3 à 6 % sur les biens exposés (logements énergivores, secteurs mal desservis), stabilité sur les biens de qualité | 3-5 ans : Correction globale de 5 à 10 % en valeur nominale, accentuée sur les petites surfaces investisseurs si la fiscalité locative se durcit | 10-15 ans : Plafonnement autour des niveaux actuels corrigés de l'inflation, avec un marché à deux vitesses fortement accentué entre biens performants énergétiquement et parc ancien non rénové.
Notre conviction sur le marché immobilier de Nantes
Après croisement des indicateurs propres à Nantes — structure employeur, tension foncière physique, dynamique démographique, position dans le cycle de construction et positionnement de prix relatif vis-à-vis de ses concurrentes directes — notre conviction est la suivante : Nantes est un marché de conviction long terme dans un moment de patience court terme.
Ce qui devrait surperformer dans les années à venir, ce sont les biens situés dans le périmètre d'influence du CHU île de Nantes (secteurs Pirmil, Bas-Chantenay, Rezé nord) et les T2-T3 énergétiquement performants dans les secteurs Hauts-Pavés et Zola. Le mécanisme est double : la demande institutionnelle (personnels de santé, chercheurs du CHU) crée un socle d'acheteurs solvables et stables, et la réglementation énergétique croissante pénalise les biens non conformes en les sortant du marché locatif, concentrant la demande sur le parc performant.
Ce qui sera plus fragile, c'est le parc de logements collectifs anciens des années 1970-1990, classés E, F ou G, dans les secteurs 44100 et les périphéries nord de la commune. Ces biens, souvent détenus par des investisseurs individuels ayant acheté il y a 15 à 20 ans, seront soumis à une double pression : obligation de rénovation coûteuse et restriction locative progressive selon le calendrier réglementaire. Les propriétaires qui n'anticiperont pas ce coût de mise à niveau verront la liquidité de leurs biens se réduire et les valeurs vénales baisser en relatif.
La thèse d'investissement nantaise, telle que nos indicateurs la définissent, est celle d'un achat-détention de 8 à 12 ans minimum, sur des biens T2-T3 bien situés et énergétiquement conformes, dans un marché qui présente aujourd'hui une fenêtre d'entrée à des prix que la dynamique démographique et foncière rendra progressivement difficile à retrouver. Ce n'est pas un marché de rendement immédiat exceptionnel — c'est un marché de capital preservation avec appréciation modérée mais sécurisée. Pour un investisseur cherchant du rendement pur à court terme, Angers ou certaines villes de second rang ligérien seront plus adaptées. Pour un investisseur cherchant la solidité d'actif sur durée longue dans une métropole de plein exercice, Nantes remplit les conditions.
Comment cette étude est-elle réalisée ?
Cette analyse est produite par l'Observatoire du Marché Immobilier Français de CombienVautMonLogement.fr à partir d'un modèle propriétaire croisant : données immobilières (DVF, prix au m²), indicateurs démographiques INSEE, données économiques (emploi, revenus), infrastructures et projets d'urbanisme, indicateurs d'attractivité territoriale. Les analyses sont structurées avec l'aide de l'intelligence artificielle. L'Indice CVML™ est une synthèse analytique propriétaire, non officielle.
Dernière mise à jour : juin 2026